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Maranwe 
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Mamie of the FPSB
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Message Maranwe
Han!
J'allais gentiment me coucher, quand quittant la FPSB, j'aperçus la petite phrase de Sanda!me "Nouvelle section dans Autres, ça devrait faire plaisir à Lanflanf.". Alors n'étant pas de nature patiente ni assez courageuse pour aller me coucher sachant qu'un truc qui pourrait me faire plaisir dormait paisiblement dans mon ordinateur, je me suis ruée dans la section Autres...
Et là! Ô joie! Un topic Arts littéraires! Et en plus, que clame-t-il haut et fort? "Faites lire vos écrits!" Alors là! Si ça c'est pas le bonheur absolu!
Donc, comme j'ai envie d'aller me coucher, je m'attarderai pas trois plombes. Voici le lien vers mon blog sur lequel je poste tous mes textes depuis... Environ quatre ans maintenant xD
Mais vous inquiétez pas, il est pas très long, et les textes sont vraiment courts.
Et puis j'essaierai de vous donner une nouvelle que j'avais écrite pour un concours... J'en suis assez fière ^^
Mais bon, elle est un peu longue, alors... Parait que si j'm'inscris sur IGoogle j'peux vous filer des liens vers un dossier Word. Alors j'tenterai ça demain. En attendant, voici Maranwe :
http://maranwe.skyrock.com
Normalement, plus on avance, mieux c'est écrit, m'enfin j'garantie rien... Et je signale aussi que si il est actualisé tous les six mois, c'est que je suis en forme (en prépa, j'ai vraiment pas le temps d'écrire, c'est pourtant pas les idées et l'envie qui manque...) donc le rajoutez pas dans vos favoris pour passer dessus tous les jours, ça sert à rien xD

Voilà voilà!
Bonne nuit les gens!
Et We love Marcel!
(si il y a des intéressés pour une commande de tee-shirt "I Love Marcel", sachez que je compte en organiser une, donc contactez moi par MP =P (Moi? Des idées louches? xD (Et sinon, Marcel, c'est Proust, je précise...)))

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Ven 13 Mar 2009 00:05
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Pen Spinner
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Message Re: Maranwe
j'ai lu quelque page, et tu a fais un sacrée boulot =)
même si j'ai jamais été a fond sur ce genre de texte, de poésie, j'ai trouvé quelque phrase vraiment captivante =)
continue =)


Ven 13 Mar 2009 21:33
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Mamie of the FPSB
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Message Re: Maranwe
J'ai eu un coup de motivation, alors j'ai rajouté un article sur Maranwe \o/
(Ooooh (Ah, tiens, et j'me suis relue... Lisez que les dernières pages, le début est vraiment pas terrible)

Bon, et puis comme j'arrive pas à héberger ma nouvelle, je la poste là...

COMME AU MATIN D'UNE JOURNEE ORDINAIRE



Tic. Tac. Tic. Tac… *Biiiip* *Biiiip*
Un grognement sort de sous mes draps.
*Biiiip* *Biiiip*

Je jette un bras hors de ma couette, et d’un geste vengeur, éteins violemment l’appareil qui me sert de réveil. J’enfouis ma tête sous l’oreiller avec l’espoir que le temps s’arrête, qu’un extra-terrestre envahisse la Terre avant que je puisse me lever, ou encore plus extraordinaire, que nous ne soyons pas le Mardi 07 Janvier. Dix interminables minutes durant lesquelles il ne se passe pas le moindre évènement contre nature me décident finalement à me mettre debout. Une main lasse et fatiguée soulève l’oreiller sur mon visage et frotte mes yeux endormis avec ce qui semble être de la vigueur. Lentement, j’étire tous les membres de mon corps et, dans un instant d’abandon, relâche tout pour mieux sentir la douceur et la chaleur de mon lit… Avant de m’en extirper. J'attrape mes draps en baillant et me mets même à faire mon lit. Depuis combien de temps cet acte si simple est-il sorti de mon quotidien ?

A pas lourds et maladroits de vieil-éléphant-unijambiste-atteint-de-la-malaria-et-qui-sort-tout-juste-d’une-course-poursuite-avec-un-jaguar, je me dirige vers la cuisine. "Aïe !" Ça, c’est le mur pour aller aux toilettes. "Ouille !" Ah, j’ai trouvé la porte de la salle de bain. Mon radar fonctionnant plus ou moins bien, me voilà couvert de bleus (mais vivant !) devant mon réfrigérateur… Avant de me rendre compte qu’aucun café bien chaud ne m’attend dans cet enfer glacé qui aurait plus sa place au Pôle Nord que dans ma toute petite maison. Un coup d’œil au bout de la table m’assure que le paquet blanc n’a pas bougé durant la nuit. Un frisson me parcourt le corps. Je me retourne et récupère une casserole dans laquelle je verse de l’eau du robinet. Ma léthargie matinale ayant pour conséquence une grande réduction des capacités motrices, je reste planté devant la gazinière tandis que l’eau chauffe, frémis et enfin, bout. Je me saisis de la casserole à pleine main, et dans un effort d’extrême volonté, cherche une tasse pas trop sale dans un placard. Oui, aujourd’hui, je suis prêt à ne pas boire à même le récipient en métal dans lequel a chauffé l’eau, même s’il en résulte une dose supplémentaire de vaisselle.
Je m’assoie sur ma chaise branlante, devant ma tasse brûlante, laisse échapper un soupir et amène le liquide frétillant jusqu’à mes lèvres… Mes papilles se révoltent. POUAH ! Mon café est fade, limite insipide. Je me fâche. Au prix où je paye le café ! Pour un goût pareil, ça me revient bien moins cher de ne boire que de l’eau chaude ! Mes yeux fous de rage retombent sur la tasse, et … Zut. Je n’ai pas mis de café… La honte s’abat sur mes frêles épaules, comme les gravas d'un hôtel en ruine. De l’air du type qui se sent obligé d’avoir toujours raison, même contre sa propre personne, j’adopte une expression de pure mauvaise foi, comme si celle-ci pouvait effacer ma distraction. Après tout, il faut que je sois concentré. D’une main rapide, je dilue trois cuillères de poudre noire dans l’eau qui commence déjà à tiédir.

Mon remontant sans alcool avalé, je dépose la vaisselle sale dans l’évier, au milieu des couverts de mes deux repas de la veille. C’est que je suis un vrai cordon bleu ! D’ailleurs, on peut encore distinguer les restes de raviolis en boite et de steak surgelé. Je pose un regard absent sur cette saleté. Aurais-je le temps de la nettoyer ce matin ? Sinon quand ?

L’énergie me revient petit à petit, et me permet de me rendre jusqu’à la salle de bain sans percuter un seul mur, ni un meuble (disons que le nouveau bleu sur ma cuisse provient seulement d’un léger déplacement sur la droite de la table de la cuisine, par rapport à son emplacement habituel… Par conséquent, il est directement hors concours.) Ma main se cale sur le rebord du lavabo et mon visage se redresse pour s’admirer dans le reflet de mon miroir-aux-milles-traces-de-doigts. Mon regard de mort-vivant m'arrache un frisson. Ma barbe brune de quelques jours m’irrite. Une question s’impose dès lors : Me raser est-il devenu un acte nécessaire ? Après tout, c’est cet air sauvage et débraillé qui plait tellement à Vanessa, ma copine blonde, pulpeuse et mannequin du moment, une vraie bombe! Ou peut-être est-ce Catherine, la petite vendeuse du tabac du coin… Je revois sa coupe au carré qui lui donne un air de gamine, accentué par les étoiles qui ont élu domicile dans ses yeux. Je sens aussi son odeur de vanille, la douceur de ses lèvres et la courbure délicates de ses reins… Un engourdissement dans les bras, et je me rends compte que mes mains serrent le rebord du lavabo au point de blanchir les jointures de mes doigts. Une puissante respiration m'aide à me ramener à la réalité.

Je fourre ma main dans ma tignasse et me gratte furieusement. Mouais, Catherine semble plus appartenir au monde réel que Vanessa. Je relègue cette dernière au Fabuleux Monde des Fantasmes et retourne à ma salle de bain : Dois-je commencer par me décrasser les dents ou par tondre les nombreux poils qui poussent sur mon menton ? Je gratte ma gorge irritée. Je me raserai donc. Après tout, c’est aussi terriblement séduisant, l’image du jeune adolescent imberbe ! (le fait que j’ai déjà dépassé la quarantaine n’entre bien sur, pas en jeu) Légèrement détendu par cette simple découverte, je choisis de ne me masser les gencives qu’en second lieu.

J’applique la mousse à raser avec délicatesse, en faisant de petits mouvements circulaires sur mes joues. Tadaam ! Je suis un Père Noël ! Le sourire chaleureux qui accompagne le personnage rouge et blanc sous les spots des supermarchés me revient en mémoire. Un coup d’œil au miroir me rend l’image d’un type morne, sale, aux cernes de la taille de la Grande Muraille de Chine… Mouais, bon. Je ne suis pas un Père Noël. Plutôt un Yéti solitaire sur le point de se suicider. Ou un mec morne et sale avec de la mousse à raser partout. Je m’empare de la lame et ôte tranche par tranche ma "fourrure" de rat crevé. Aïe ! Je me suis coupé. Le liquide couleur sang (normal) contraste merveilleusement avec la chantilly non comestible. Finalement, j’arbore quand même les couleurs de Santa Claus ! Je soupire. L’envie d’essuyer la plaie et de lécher mon doigt me saisis irrésistiblement. Le sang ne m’a jamais rebuté, contrairement à beaucoup de gens. Je lui prête même un aspect esthétique qui m’attire malgré moi. Enfant, il m’arrivait parfois de m’ouvrir le poignet, juste pour en admirer les reflets écarlates. Mais l’idée du gout "Williams Rasage, Facilite la glisse du rasoir" me refroidit assez vite. Je réprime mes envies de vampire et reprend ma tonte là où je l’ai laissée. Mes poils tombent drus, tracés noirs dans la généreuse mousse blanche, éclats de chocolat dans une crème fouettée, tapis rouge sur marbre blanc…

Une fois fini, je dépose mon rasoir et me rince les joues, réprimant un frisson causé par l’eau glaciale. Je positive en espérant que le choc de température me réveillera légèrement plus vite, ce qui ne m’empêche pas de bénir avec énergie l’inventeur de ce magnifique engin que l’on nomme communément chauffe-serviette.

Ensuite, je me tourne vers ma douche, froide, stricte, professionnelle. Inconsciemment, je dois espérer qu’elle m’influencera… J’ai bien besoin de professionnalisme… Dans un sursaut, j’allume la radio à ma droite, me déshabille d’une main experte (en essayant de ne pas imaginer les mains de Catherine effectuer le même travail) et saute dans la cabine. Pendant que mes doigts de pieds se recroquevillent en attendant que l’eau s’écoulant du pommeau se réchauffe, je reprends l’air connu qui sort du poste. Ma voix de ténor crachotant en fin de carrière s’atténue en même temps que la musique, et je tends la main pour attraper le gel douche. Les infos débutent (quel timing, mes aïeux !). Je ferme le robinet et attends impatiemment la fin de la météo en savonnant mon corps humide de quadragénaire.

La voix de la sûrement jeune et jolie présentatrice laisse place à celle d’un homme qui doit avoir atteint l'âge mûr. J’en frémis presque. Comme si ma vie se résume aux mots qu’il va prononcer. Il débute par les morts. Il en est ainsi depuis le début de la guerre. Autant dire qu’il en a toujours été ainsi. Si seulement tout ceci pouvait prendre fin! Dans la nuit, il y avait eu douze morts. Huit soldats et quatre civils: deux hommes, une femme et un enfant. J’applique le savon sur mon bras droit. "Les morts ne sont pas vains." déclare la voix. C’est ça. Exactement ça qu’il faut que je me répète. Les morts ne sont pas vains. Résigné, je passe au gauche. Les combats sont plus sanglants chaque jour. Un politique ennemi, persuadé de sa réussite très proche est même en ville. Il loge au Palace du Crépuscule. Je serre les dents sans vraiment m'en rendre compte. Une demie heure de marche, tout au plus. L’information se range dans un coin de mon esprit, tandis que je shampooine ma crinière sombre. Le poste passe ensuite aux évènements secondaires, tels que la fin du Tournoi Mondial de Belote des plus de soixante-trois ans et deux mois. Pommeau en main, le regard sombre, j’entreprends de finir de me rincer, me désintéressant de ce qui peut désormais sortir de la boite noire posée sur le lave-linge.

Dégoulinants, mes doigts se mettent en quête d’une serviette sèche, remplaçant dans leur fonction mes yeux aveuglés par les énormes gouttes imprégnées de savon qui obstruent leur ouverture, sous peine d’une extrême douleur. Finalement, j’attrape une serviette plus que desséchée. Au contact de mon corps, elle se ramollit quelque peu, mais ce n’est vraiment pas ce que j'imagine dans mes rêves de confort, en compagnie de Vanessa… Je sors grelottant de la cabine de douche et me rends, tremblotant, jusque dans ma chambre. Une fois dans la pièce à la décoration minimaliste, je me tourne vers le seul meuble de mon dortoir privé (mon lit n’étant pas vraiment considéré comme un meuble… plutôt comme un vieux matelas jonché sur le sol), mon armoire. C’est le seul meuble qui soit de bonne facture. Il est en acajou massif, et le fait qu’il soit dans ma famille depuis plusieurs générations en prouve la solidité. J’ouvre la porte grinçante. Deux chemises anciennement blanches gisent sur une étagère, tandis qu’un pantalon anciennement noir attend sur une autre. Mais je ne cherche aucun de ces vêtements d’un commun… Après une fouille assez courte (il n’est jamais très dur de trouver quelque chose dans une armoire vide…) j’aperçois enfin l’objet de mes recherches. Je sens mon cœur se serrer. C'est un costume. Propre. Il n’a servi qu’une fois… Le jour de mon mariage. Je repense fugitivement à ces trois années vécues avec Madeleine… Trois années trop vite interrompues par une balle dans la jambe. Trois années, qui auraient pu être sauvées, si la guerre n’avait pas à ce point dégradé les conditions d’hygiène. Trois années que je m'efforce chaque jour d'oublier. Une larme perle sur mon œil droit. Je renifle bruyamment. Le passé, c’est le passé.

D’un geste rapide, je me saisis du costume face à moi. Les broderies sur les manches doivent être assez chics. La chemise n’est pas très bien repassée, mais la veste dissimulera sûrement les plis indésirables. J’enfile vivement un caleçon, une paire de chaussettes trouées, et regarde d’un air angoissé la tenue en face de moi. J’hésite à la mettre. La mettre, c'est accepter mon acte. La mettre, c'est une preuve de ma responsabilité. J’en suis conscient. Ma respiration se fait saccadée. Après tout, il est trop tard. D’un geste qui se veut décidé, je me vêtis de la chemise moirée, de la veste noire aux manches brodées de fils d’argent et du pantalon, devenu un peu serré avec le temps. Ce n’est plus le moment de faire demi-tour.

Je m’admire dans la glace fêlée posée contre le mur. L'air se bloque dans mes poumons. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas été aussi attentionné envers mon apparence. Je me trouve terriblement élégant. Mes yeux s'assombrissent. Comme si ma préoccupation première est d'être élégant! Un soupir m'échappe et mon regard se pose sur le miroir. Un détail me saute aux yeux. Les chaussures ! L'angoisse me saisit. Est-ce que j'en ai? Après un léger moment de réflexion, je me souviens avoir rangé ma paire de mocassins dans un carton derrière la grande armoire. Quelques secondes plus tard, je les ai en main. Un bon coup de cirage ne leur fera que du bien ! Malheureusement, je n’en ai plus depuis une semaine, et je dois me contenter de ma salive et d’un mouchoir propre. Et me voilà prêt. Je déglutis en jetant un dernier coup d'œil Je suis resplendissant. Il ne me manque plus qu’une ceinture. Que la ceinture.

D’un geste machinal, je dépose la veste sur mes épaules et retourne dans la cuisine. Là, posée sur la table, trône toujours la boite blanche. La boite que j’ai reçue hier. La boite qui contient ma ceinture. Après une légère hésitation, je soulève le couvercle. Elle est au fond. Presque innocente. Quelle ironie… Je la saisis d’une main tremblotante et la glisse autour de ma taille. Puis, avec le doigté d’un expert, je la dissimule sous ma veste. Une dernière inspiration et je me dirige vers la porte. Je sens chacune des pulsations de mon cœur. Ma main tremble. Mon souffle est court. Oserai-je sortir? Je ferme les yeux. La poignée de porte tourne. Je suis dehors.
Le ciel est bleu. Le soleil brille de cette froide lumière d’hiver. Un oiseau siffle sur une branche à ma droite. Un sourire naît sur mon visage. Je me détends légèrement. C’est une bien belle journée ! Je glisse les mains dans mes poches, et avance d’un pas qui se veut léger. Les gens se pressent dans les rues. Comme au matin d’une journée ordinaire. Je me faufile dans la masse tel un serpent… Ou plutôt, telle une limace peinant entre les trop hautes herbes. Un pas devant l’autre. Un homme en survêtement me bouscule. Un reproche bien senti monte jusqu'à mes lèvres, vite réprimé. Le temps m'est compté. Je tourne à droite. Je me glisse dans une petite rue transversale à l'artère bouillonnante de la ville. La brise souffle sur mon visage, telle un baume apaisant. La foule est moins envahissante. Je peux enfin respirer. Autour de moi, tout semble paisible. Il parait inimaginable que les gens meurent presque piétinés et étouffés à quelques mètres de là. Une femme ouvre sa fenêtre. Une saute de vent fait voler ses cheveux. Un homme sort d'un immeuble d'apparence délabrée. Il a l'air pressé de se jeter dans la fosse d'êtres sans pitié qui l'attendent dans la rue principale. J'accélère le pas et bifurque de nouveau sur la droite. D'un mouvement brusque, j'évite un garçon qui court après son chien. D'un coup, le stress s'empare de moi. Ne plus penser à rien. Faire abstraction de mes sens. Me voilà aveugle. Sourd. Tout contact avec le monde extérieur m'aurait fait renoncer. Finalement, je suis bien plus fragile que je ne l'ai d'abord cru.

Un dédale de rues parcourues tel un zombie m'amène à mon but. Je fais une pause. Le bâtiment est impressionnant. Haut d'une vingtaine d'étage, il est large d'une bonne centaine de mètres. Sa façade propre jure avec le gris sale des immeubles environnants. Je me trouve pourtant dans l'un des quartiers les plus chics de la ville. D'ailleurs, la beauté architecturale de la construction en atteste: celui-ci semble découpé en appartements dont chacun dispose d'un balcon en pierre avec une balustrade en fer forgé ciselée. Entre chaque balcon est sculpté un motif grimpant de lierre, ajoutant l'élégance naturelle à l'imposante œuvre de la main humaine. Dans chaque vitre, ornée de lourds rideaux de velours, se reflète le bleu du ciel, comme si celui-ci avait élu domicile dans les petits appartements. Je reste d'une froide indifférence face à cette richesse.

Mes yeux glissent jusqu'à l'entrée. La porte en verre ouvre sur un hall d'une richesse époustouflante. Je fais un pas. De chaque coté, sur le seuil, se dressent fièrement deux arbustes pleins de santé. Encore un pas. Un jeune homme d'à peine vingt ans se dresse devant la porte, fier de son bel uniforme. Je glisse une main sous ma veste. Un tapis rouge sur le marbre blanc du hall, comme du sang sur ma joue. J'active le mécanisme. Le jeune homme me salue en s'inclinant profondément. Peut-être croit-il que je suis une personne importante. Tic. Je pénètre à l'intérieur. Tac. Le vent s'engouffre dans ma veste, la faisant voler de tous les côtés. Tic. Des bruits, les gens qui courent, une alarme. Tac. Je lis une pancarte, face à moi: "Bienvenue au Palace du Crépuscule". Tic. Je souris. Une voix résonne dans ma tête. Tac. "Les morts ne sont pas vains." Tic. Tac…

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Mar 17 Mar 2009 18:18
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Message Re: Maranwe
moi je dis ça à l'air bien mais c'est long :pale:

Peut être qu'avec des retours à la ligne =)

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Mar 17 Mar 2009 19:35
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Message Re: Maranwe
Lanfear a écrit:
J'ai eu un coup de motivation, alors j'ai rajouté un article sur Maranwe \o/
(Ooooh (Ah, tiens, et j'me suis relue... Lisez que les dernières pages, le début est vraiment pas terrible)

Bon, et puis comme j'arrive pas à héberger ma nouvelle, je la poste là...

[center]COMME AU MATIN D'UNE JOURNEE ORDINAIRE[/center]


Tic. Tac. Tic. Tac… *Biiiip* *Biiiip*
Un grognement sort de sous mes draps.
*Biiiip* *Biiiip*

Je jette un bras hors de ma couette, et d’un geste vengeur, éteins violemment l’appareil qui me sert de réveil. J’enfouis ma tête sous l’oreiller avec l’espoir que le temps s’arrête, qu’un extra-terrestre envahisse la Terre avant que je puisse me lever, ou encore plus extraordinaire, que nous ne soyons pas le Mardi 07 Janvier. Dix interminables minutes durant lesquelles il ne se passe pas le moindre évènement contre nature me décident finalement à me mettre debout. Une main lasse et fatiguée soulève l’oreiller sur mon visage et frotte mes yeux endormis avec ce qui semble être de la vigueur. Lentement, j’étire tous les membres de mon corps et, dans un instant d’abandon, relâche tout pour mieux sentir la douceur et la chaleur de mon lit… Avant de m’en extirper. J'attrape mes draps en baillant et me mets même à faire mon lit. Depuis combien de temps cet acte si simple est-il sorti de mon quotidien ?

A pas lourds et maladroits de vieil-éléphant-unijambiste-atteint-de-la-malaria-et-qui-sort-tout-juste-d’une-course-poursuite-avec-un-jaguar, je me dirige vers la cuisine. "Aïe !" Ça, c’est le mur pour aller aux toilettes. "Ouille !" Ah, j’ai trouvé la porte de la salle de bain. Mon radar fonctionnant plus ou moins bien, me voilà couvert de bleus (mais vivant !) devant mon réfrigérateur… Avant de me rendre compte qu’aucun café bien chaud ne m’attend dans cet enfer glacé qui aurait plus sa place au Pôle Nord que dans ma toute petite maison. Un coup d’œil au bout de la table m’assure que le paquet blanc n’a pas bougé durant la nuit. Un frisson me parcourt le corps. Je me retourne et récupère une casserole dans laquelle je verse de l’eau du robinet. Ma léthargie matinale ayant pour conséquence une grande réduction des capacités motrices, je reste planté devant la gazinière tandis que l’eau chauffe, frémis et enfin, bout. Je me saisis de la casserole à pleine main, et dans un effort d’extrême volonté, cherche une tasse pas trop sale dans un placard. Oui, aujourd’hui, je suis prêt à ne pas boire à même le récipient en métal dans lequel a chauffé l’eau, même s’il en résulte une dose supplémentaire de vaisselle.
Je m’assoie sur ma chaise branlante, devant ma tasse brûlante, laisse échapper un soupir et amène le liquide frétillant jusqu’à mes lèvres… Mes papilles se révoltent. POUAH ! Mon café est fade, limite insipide. Je me fâche. Au prix où je paye le café ! Pour un goût pareil, ça me revient bien moins cher de ne boire que de l’eau chaude ! Mes yeux fous de rage retombent sur la tasse, et … Zut. Je n’ai pas mis de café… La honte s’abat sur mes frêles épaules, comme les gravas d'un hôtel en ruine. De l’air du type qui se sent obligé d’avoir toujours raison, même contre sa propre personne, j’adopte une expression de pure mauvaise foi, comme si celle-ci pouvait effacer ma distraction. Après tout, il faut que je sois concentré. D’une main rapide, je dilue trois cuillères de poudre noire dans l’eau qui commence déjà à tiédir.

Mon remontant sans alcool avalé, je dépose la vaisselle sale dans l’évier, au milieu des couverts de mes deux repas de la veille. C’est que je suis un vrai cordon bleu ! D’ailleurs, on peut encore distinguer les restes de raviolis en boite et de steak surgelé. Je pose un regard absent sur cette saleté. Aurais-je le temps de la nettoyer ce matin ? Sinon quand ?

L’énergie me revient petit à petit, et me permet de me rendre jusqu’à la salle de bain sans percuter un seul mur, ni un meuble (disons que le nouveau bleu sur ma cuisse provient seulement d’un léger déplacement sur la droite de la table de la cuisine, par rapport à son emplacement habituel… Par conséquent, il est directement hors concours.) Ma main se cale sur le rebord du lavabo et mon visage se redresse pour s’admirer dans le reflet de mon miroir-aux-milles-traces-de-doigts. Mon regard de mort-vivant m'arrache un frisson. Ma barbe brune de quelques jours m’irrite. Une question s’impose dès lors : Me raser est-il devenu un acte nécessaire ? Après tout, c’est cet air sauvage et débraillé qui plait tellement à Vanessa, ma copine blonde, pulpeuse et mannequin du moment, une vraie bombe! Ou peut-être est-ce Catherine, la petite vendeuse du tabac du coin… Je revois sa coupe au carré qui lui donne un air de gamine, accentué par les étoiles qui ont élu domicile dans ses yeux. Je sens aussi son odeur de vanille, la douceur de ses lèvres et la courbure délicates de ses reins… Un engourdissement dans les bras, et je me rends compte que mes mains serrent le rebord du lavabo au point de blanchir les jointures de mes doigts. Une puissante respiration m'aide à me ramener à la réalité.

Je fourre ma main dans ma tignasse et me gratte furieusement. Mouais, Catherine semble plus appartenir au monde réel que Vanessa. Je relègue cette dernière au Fabuleux Monde des Fantasmes et retourne à ma salle de bain : Dois-je commencer par me décrasser les dents ou par tondre les nombreux poils qui poussent sur mon menton ? Je gratte ma gorge irritée. Je me raserai donc. Après tout, c’est aussi terriblement séduisant, l’image du jeune adolescent imberbe ! (le fait que j’ai déjà dépassé la quarantaine n’entre bien sur, pas en jeu) Légèrement détendu par cette simple découverte, je choisis de ne me masser les gencives qu’en second lieu.

J’applique la mousse à raser avec délicatesse, en faisant de petits mouvements circulaires sur mes joues. Tadaam ! Je suis un Père Noël ! Le sourire chaleureux qui accompagne le personnage rouge et blanc sous les spots des supermarchés me revient en mémoire. Un coup d’œil au miroir me rend l’image d’un type morne, sale, aux cernes de la taille de la Grande Muraille de Chine… Mouais, bon. Je ne suis pas un Père Noël. Plutôt un Yéti solitaire sur le point de se suicider. Ou un mec morne et sale avec de la mousse à raser partout. Je m’empare de la lame et ôte tranche par tranche ma "fourrure" de rat crevé. Aïe ! Je me suis coupé. Le liquide couleur sang (normal) contraste merveilleusement avec la chantilly non comestible. Finalement, j’arbore quand même les couleurs de Santa Claus ! Je soupire. L’envie d’essuyer la plaie et de lécher mon doigt me saisis irrésistiblement. Le sang ne m’a jamais rebuté, contrairement à beaucoup de gens. Je lui prête même un aspect esthétique qui m’attire malgré moi. Enfant, il m’arrivait parfois de m’ouvrir le poignet, juste pour en admirer les reflets écarlates. Mais l’idée du gout "Williams Rasage, Facilite la glisse du rasoir" me refroidit assez vite. Je réprime mes envies de vampire et reprend ma tonte là où je l’ai laissée. Mes poils tombent drus, tracés noirs dans la généreuse mousse blanche, éclats de chocolat dans une crème fouettée, tapis rouge sur marbre blanc…

Une fois fini, je dépose mon rasoir et me rince les joues, réprimant un frisson causé par l’eau glaciale. Je positive en espérant que le choc de température me réveillera légèrement plus vite, ce qui ne m’empêche pas de bénir avec énergie l’inventeur de ce magnifique engin que l’on nomme communément chauffe-serviette.

Ensuite, je me tourne vers ma douche, froide, stricte, professionnelle. Inconsciemment, je dois espérer qu’elle m’influencera… J’ai bien besoin de professionnalisme… Dans un sursaut, j’allume la radio à ma droite, me déshabille d’une main experte (en essayant de ne pas imaginer les mains de Catherine effectuer le même travail) et saute dans la cabine. Pendant que mes doigts de pieds se recroquevillent en attendant que l’eau s’écoulant du pommeau se réchauffe, je reprends l’air connu qui sort du poste. Ma voix de ténor crachotant en fin de carrière s’atténue en même temps que la musique, et je tends la main pour attraper le gel douche. Les infos débutent (quel timing, mes aïeux !). Je ferme le robinet et attends impatiemment la fin de la météo en savonnant mon corps humide de quadragénaire.

La voix de la sûrement jeune et jolie présentatrice laisse place à celle d’un homme qui doit avoir atteint l'âge mûr. J’en frémis presque. Comme si ma vie se résume aux mots qu’il va prononcer. Il débute par les morts. Il en est ainsi depuis le début de la guerre. Autant dire qu’il en a toujours été ainsi. Si seulement tout ceci pouvait prendre fin! Dans la nuit, il y avait eu douze morts. Huit soldats et quatre civils: deux hommes, une femme et un enfant. J’applique le savon sur mon bras droit. "Les morts ne sont pas vains." déclare la voix. C’est ça. Exactement ça qu’il faut que je me répète. Les morts ne sont pas vains. Résigné, je passe au gauche. Les combats sont plus sanglants chaque jour. Un politique ennemi, persuadé de sa réussite très proche est même en ville. Il loge au Palace du Crépuscule. Je serre les dents sans vraiment m'en rendre compte. Une demie heure de marche, tout au plus. L’information se range dans un coin de mon esprit, tandis que je shampooine ma crinière sombre. Le poste passe ensuite aux évènements secondaires, tels que la fin du Tournoi Mondial de Belote des plus de soixante-trois ans et deux mois. Pommeau en main, le regard sombre, j’entreprends de finir de me rincer, me désintéressant de ce qui peut désormais sortir de la boite noire posée sur le lave-linge.

Dégoulinants, mes doigts se mettent en quête d’une serviette sèche, remplaçant dans leur fonction mes yeux aveuglés par les énormes gouttes imprégnées de savon qui obstruent leur ouverture, sous peine d’une extrême douleur. Finalement, j’attrape une serviette plus que desséchée. Au contact de mon corps, elle se ramollit quelque peu, mais ce n’est vraiment pas ce que j'imagine dans mes rêves de confort, en compagnie de Vanessa… Je sors grelottant de la cabine de douche et me rends, tremblotant, jusque dans ma chambre. Une fois dans la pièce à la décoration minimaliste, je me tourne vers le seul meuble de mon dortoir privé (mon lit n’étant pas vraiment considéré comme un meuble… plutôt comme un vieux matelas jonché sur le sol), mon armoire. C’est le seul meuble qui soit de bonne facture. Il est en acajou massif, et le fait qu’il soit dans ma famille depuis plusieurs générations en prouve la solidité. J’ouvre la porte grinçante. Deux chemises anciennement blanches gisent sur une étagère, tandis qu’un pantalon anciennement noir attend sur une autre. Mais je ne cherche aucun de ces vêtements d’un commun… Après une fouille assez courte (il n’est jamais très dur de trouver quelque chose dans une armoire vide…) j’aperçois enfin l’objet de mes recherches. Je sens mon cœur se serrer. C'est un costume. Propre. Il n’a servi qu’une fois… Le jour de mon mariage. Je repense fugitivement à ces trois années vécues avec Madeleine… Trois années trop vite interrompues par une balle dans la jambe. Trois années, qui auraient pu être sauvées, si la guerre n’avait pas à ce point dégradé les conditions d’hygiène. Trois années que je m'efforce chaque jour d'oublier. Une larme perle sur mon œil droit. Je renifle bruyamment. Le passé, c’est le passé.

D’un geste rapide, je me saisis du costume face à moi. Les broderies sur les manches doivent être assez chics. La chemise n’est pas très bien repassée, mais la veste dissimulera sûrement les plis indésirables. J’enfile vivement un caleçon, une paire de chaussettes trouées, et regarde d’un air angoissé la tenue en face de moi. J’hésite à la mettre. La mettre, c'est accepter mon acte. La mettre, c'est une preuve de ma responsabilité. J’en suis conscient. Ma respiration se fait saccadée. Après tout, il est trop tard. D’un geste qui se veut décidé, je me vêtis de la chemise moirée, de la veste noire aux manches brodées de fils d’argent et du pantalon, devenu un peu serré avec le temps. Ce n’est plus le moment de faire demi-tour.

Je m’admire dans la glace fêlée posée contre le mur. L'air se bloque dans mes poumons. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas été aussi attentionné envers mon apparence. Je me trouve terriblement élégant. Mes yeux s'assombrissent. Comme si ma préoccupation première est d'être élégant! Un soupir m'échappe et mon regard se pose sur le miroir. Un détail me saute aux yeux. Les chaussures ! L'angoisse me saisit. Est-ce que j'en ai? Après un léger moment de réflexion, je me souviens avoir rangé ma paire de mocassins dans un carton derrière la grande armoire. Quelques secondes plus tard, je les ai en main. Un bon coup de cirage ne leur fera que du bien ! Malheureusement, je n’en ai plus depuis une semaine, et je dois me contenter de ma salive et d’un mouchoir propre. Et me voilà prêt. Je déglutis en jetant un dernier coup d'œil Je suis resplendissant. Il ne me manque plus qu’une ceinture. Que la ceinture.

D’un geste machinal, je dépose la veste sur mes épaules et retourne dans la cuisine. Là, posée sur la table, trône toujours la boite blanche. La boite que j’ai reçue hier. La boite qui contient ma ceinture. Après une légère hésitation, je soulève le couvercle. Elle est au fond. Presque innocente. Quelle ironie… Je la saisis d’une main tremblotante et la glisse autour de ma taille. Puis, avec le doigté d’un expert, je la dissimule sous ma veste. Une dernière inspiration et je me dirige vers la porte. Je sens chacune des pulsations de mon cœur. Ma main tremble. Mon souffle est court. Oserai-je sortir? Je ferme les yeux. La poignée de porte tourne. Je suis dehors.
Le ciel est bleu. Le soleil brille de cette froide lumière d’hiver. Un oiseau siffle sur une branche à ma droite. Un sourire naît sur mon visage. Je me détends légèrement. C’est une bien belle journée ! Je glisse les mains dans mes poches, et avance d’un pas qui se veut léger. Les gens se pressent dans les rues. Comme au matin d’une journée ordinaire. Je me faufile dans la masse tel un serpent… Ou plutôt, telle une limace peinant entre les trop hautes herbes. Un pas devant l’autre. Un homme en survêtement me bouscule. Un reproche bien senti monte jusqu'à mes lèvres, vite réprimé. Le temps m'est compté. Je tourne à droite. Je me glisse dans une petite rue transversale à l'artère bouillonnante de la ville. La brise souffle sur mon visage, telle un baume apaisant. La foule est moins envahissante. Je peux enfin respirer. Autour de moi, tout semble paisible. Il parait inimaginable que les gens meurent presque piétinés et étouffés à quelques mètres de là. Une femme ouvre sa fenêtre. Une saute de vent fait voler ses cheveux. Un homme sort d'un immeuble d'apparence délabrée. Il a l'air pressé de se jeter dans la fosse d'êtres sans pitié qui l'attendent dans la rue principale. J'accélère le pas et bifurque de nouveau sur la droite. D'un mouvement brusque, j'évite un garçon qui court après son chien. D'un coup, le stress s'empare de moi. Ne plus penser à rien. Faire abstraction de mes sens. Me voilà aveugle. Sourd. Tout contact avec le monde extérieur m'aurait fait renoncer. Finalement, je suis bien plus fragile que je ne l'ai d'abord cru.

Un dédale de rues parcourues tel un zombie m'amène à mon but. Je fais une pause. Le bâtiment est impressionnant. Haut d'une vingtaine d'étage, il est large d'une bonne centaine de mètres. Sa façade propre jure avec le gris sale des immeubles environnants. Je me trouve pourtant dans l'un des quartiers les plus chics de la ville. D'ailleurs, la beauté architecturale de la construction en atteste: celui-ci semble découpé en appartements dont chacun dispose d'un balcon en pierre avec une balustrade en fer forgé ciselée. Entre chaque balcon est sculpté un motif grimpant de lierre, ajoutant l'élégance naturelle à l'imposante œuvre de la main humaine. Dans chaque vitre, ornée de lourds rideaux de velours, se reflète le bleu du ciel, comme si celui-ci avait élu domicile dans les petits appartements. Je reste d'une froide indifférence face à cette richesse.

Mes yeux glissent jusqu'à l'entrée. La porte en verre ouvre sur un hall d'une richesse époustouflante. Je fais un pas. De chaque coté, sur le seuil, se dressent fièrement deux arbustes pleins de santé. Encore un pas. Un jeune homme d'à peine vingt ans se dresse devant la porte, fier de son bel uniforme. Je glisse une main sous ma veste. Un tapis rouge sur le marbre blanc du hall, comme du sang sur ma joue. J'active le mécanisme. Le jeune homme me salue en s'inclinant profondément. Peut-être croit-il que je suis une personne importante. Tic. Je pénètre à l'intérieur. Tac. Le vent s'engouffre dans ma veste, la faisant voler de tous les côtés. Tic. Des bruits, les gens qui courent, une alarme. Tac. Je lis une pancarte, face à moi: "Bienvenue au Palace du Crépuscule". Tic. Je souris. Une voix résonne dans ma tête. Tac. "Les morts ne sont pas vains." Tic. Tac…

Désolée pour ce remontage de topic (remarque ô mother of the board m'excusera) mais j'ai un gros faible cette nouvelle dès les premiers mots je suis comme suspendue aux mots c'est un peu bizarre mais ya un effet de suspense intenable jusqu'a la fin qui est vite prennant pour une "simple" description d'une journée quotidienne et de l'environnement. Donc ben juste pour te dire que je suis fan et j'ai meme envie d'ajouter "encorre, encorre"! :D

<3


Mer 17 Juin 2009 02:35
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Pen Spinner
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Inscription: Sam 11 Oct 2008 17:22
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Message Re: Maranwe
hum... ba pas moi... à dire vrais j'admire ton travail, moi qui suis loin d'être littéraire je sais que je pourrais jamais faire un truc pareil donc pour ça BRAVO !
mais par contre je me suis fait chier en lisant le 1° paragraphe et j'ai maqué de courage pour lire la suite...

_________________
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->Volgore 1st<-


Lun 27 Juil 2009 00:10
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Mamie of the FPSB
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Messages: 2624
Localisation: Pas loin de la Terre...
Whitelist: 4 (100%)
Message Re: Maranwe
UP!

Après plus de six longs mois de coma complet, nous avons eu peur pour sa vie...

Mais MARANWE IS NOT DEAD! =O

Deux nouveaux articles tous frais d'aujourd'hui :

http://maranwe.skyrock.com/14.html

\o/
Yeah.
Le dernier est mieux. Celui d'avant stait encore de l'écriture automatique en plein foirage de concours blanc xD

_________________
Yaemgo a écrit:
Epic win.
+10 xp.
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Mar 13 Oct 2009 23:19
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